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Des morceaux de Ciel

“J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai seulement ciselé jusqu’à l’en libérer.” (Michel-Ange).
“Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon coeur. Je dis: Mon oeuvre est pour le roi! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain!” (Psaume 45:2)
La composition de chants de louange est un art fascinant, chimie subtile entre ciel et terre, entre musique et spirituel, entre inspiration et talent de l’artisan. De la première étincelle céleste à sa publication pour l’église, voici quelques étapes de la vie d’un chant de louange.
L’inspiration
Ah, combien de choses ont été dites sur l’inspiration ! Où trouver l’inspiration ? Quelle en est la source ? Comment l’atteindre ? Et existe-t-elle seulement ? Il y aurait tant à dire et à débattre.
Beaucoup ont cherché l’inspiration dans leurs émotions, dans leurs états d’âmes ou dans d’autres illusions. En tant que compositeurs de louange, nous avons un grand privilège : celui d’avoir la Source d’inspiration ultime : notre Roi éternel et glorieux. Car Il est la source de toute chose ! Et mieux, nous avons en Jésus-Christ, un libre accès au Saint des saints, au sanctuaire, au trône, au coeur de notre Père. Rien ne pourrait nous inspirer davantage que ces temps dans sa présence, ces moments où il nous semble que nous sommes dans les cieux, chantant à l’unisson avec le choeur des anges la splendeur de notre Sauveur.
En tant que compositeurs de louange, nous avons un grand privilège : celui d’avoir la Source d’inspiration ultime : notre Roi éternel et glorieux.
S’il vous arrive de vivre de genre de moments pendant vos temps de louange, seuls, en petit groupe, en assemblée, ou même dans des songes et des visions, vous avez là plus qu’il n’en faut pour composer. Car c’est un sujet inépuisable de louange que notre Dieu.
Et bien en tant que compositeur, votre rôle va être d’attraper ces morceaux de Ciel et de les ramener sur Terre. Si vous avez déjà essayé de le faire, comme par exemple écrire une mélodie reçue en songe ou noter des paroles entendues/reçues lors d’un temps de louange, vous avez certainement expérimenté un phénomène douloureux. Car effet, une fois ramenés sur Terre, ces petits bouts de Ciel semblent être devenus bien plus fades, arrachés à leur écrin. En fait, c’est tout à fait normal. Notre nature humaine, le monde “visible” ne perçoit le spirituel que de manière très limitée et imparfaite. Mais le Seigneur peut utiliser ces choses limitées pour sa gloire, il ne faut donc pas s’en décourager.
Et bien en tant que compositeur, votre rôle va être d’attraper ces morceaux de Ciel.
Et quand je dis “attraper” des morceaux de Ciel, on pourrait croire qu’il s’agit presque d’un vol… Mais je pense plutôt qu’à certains moment, le Seigneur nous permet de nous en saisir. Et qu’à d’autres moments d’ailleurs, il ne nous le permet pas. Un peu comme Moïse contemplant le pays promis de loin sans jamais y entrer. Mais lorsqu’il nous le permet, c’est en réalité qu’il souhaite aussi nous confier la tâche de transmettre quelque-chose à son peuple.
Le meilleur moyen de saisir ces morceux de Ciel, c’est d’ouvrir grand ses sens spirituels, d’être en relation intime avec son Père. Rapprochez-vous de lui dans le secret, ôtez les voiles du péché (ou de l’absence…) pour être en communion avec lui. Si c’est le cas, vous n’aurez même plus la possibilité de tout noter tant le flot qui vous arrivera ressemblera à un torrent impétueux. Les bons compositeurs ont en permanence leur antenne spirituelle en alerte, à l’écoute du Ciel. Un bon conseil, munissez-vous d’un petit dictaphone numérique et notez tout, absolument tout ! A ce sujet, lisez ce très bon article de mon ami Stéphane : Capturer l’instant.
Les bons compositeurs ont en permanence leur antenne spirituelle en alerte.
Le travail de l’artisan
Maintenant que nous avons capturé ce morceau de ciel brut, souvent insignifiant en apparence (une phrase, quelques notes, un verset…), il va falloir le travailler, le ciseler. Cet ouvrage d’art nécessite du talent et de l’expérience. Comme certains sont doués pour jouer de la musique, peindre, bricoler, écrire, danser ou cuisiner, le Seigneur a donné à des personnes en particulier le don de travailler cette “matière première” pour en faire un instrument beau et utile au Royaume et à la gloire de Dieu. Et s’il donne le talent, il donne aussi la responsabilité associée. Il nous confie cet élément précieux et nous dit : “va, transmet celà à mon peuple afin qu’il me glorifie.”
le Seigneur a donné à des personnes en particulier le don de travailler cette “matière première”.
C’est pendant ce temps là que l’on rentre dans la technique, dans l’art, là où il faut travailler et exceller. Mettre des couplets, un refrain, choisir une gamme, apporter des éléments mélodiques et rythmiques, un tempo, un style, une harmonie. Comme tout art, il faut se former, s’exercer, chercher constamment à progresser jusqu’à devenir comme ces “habiles artisans” dont nous parle la Bible.
A sujet de ce travail, je vous recommande cet excellent ouvrage de Paul Baloche (en anglais uniquement pour l’instant malheureusement) : God Songs.
Comme tout art, il faut se former, s’exercer, chercher constamment à progresser jusqu’à devenir comme ces “habiles artisans”.
Il ne faut pas avoir peur de cette étape d’artisanat, de technique. Elle n’est pas moins spirituelle que les autres. Car le morceau de Ciel brut ne serait sans doute pas compréhensible tel que vous l’avez reçu. Si Michel-Ange avait seulement montré son bloc de pierre en disant : “j’ai vu un Ange dedans !”, nous aurions certainement été privés de son oeuvre… “on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.” (Matthieu 5:15). Il vous faut littéralement sortir, cette lumière venue d’En-Haut, afin qu’elle brille.
N’ayez donc pas peur de travailler vos compositions, de les sculpter avec minutie, avec précision, avec art et talent pour en faire une belle oeuvre pour le Roi. Cela peut prendre du temps, parfois plusieurs années, mais l’important est que ce travail soit fait avec joie, comme une offrande à Dieu de votre talent, de votre temps et de votre énergie.
La serre
Votre travail de sculpture de chant commence à porter ses fruits. L’étincelle spirituelle est devenue ébauche. C’est là le moment le plus délicat. Paul Baloche compare le chant en train d’être composé à une plante. Votre composition de louange n’est désormais plus une simple graine, mais un tout jeune pousse. Si vous êtes jardinier, vous savez que c’est le moment qui demande le plus d’attention. Votre “plante” est désormais plus fragile que jamais : va-t-elle éclore en une magnifique floraison parfumée ? Ou mourir à cause d’une mise en culture trop brutale ou trop rapide ?
Mettez votre composition dans [...] un endroit dédié où elle pourra mûrir.
Mettez votre composition dans une serre : un endroit dédié où elle pourra mûrir tranquillement. Laissez-là “reposer” et grandir à l’abri, sans la publier tout de suite. Revenez-y de temps en temps pour la tailler délicatement ou simplement la regarder. Sortez de temps en temps un chant de la serre pour voir ce qu’il vous inspire, s’il doit grandir ou s’il manque ce petit quelque-chose indéfinissable dans sa structure, qui vous viendra peut-être plus tard.
Tant de compositions prometteuses sont mortes ou ont laissé un goût d’inachevé car sorties trop tôt. Pensez à tous ces chants que vous avez entendus et qui vous ont semblés “pas finis” ou que vous avez simplement oubliés…
Si vous avez cette chance, l’étape de la serre est aussi l’occasion de la travailler avec un autre artisan de la composition, quelqu’un avec qui vous avez confiance pour vous aider, ou dans un club-compo dédié.
La publication
une publication progressive.
Publier son chant, c’est comme mettre sa jeune plante en terre. Elle va affronter “l’extérieur”, les regards (ou les oreilles plutôt !). Aussi, je vous recommande une publication progressive : commencez par la jouer à quelqu’un en qui vous avez toute confiance : famille, amis, frères et soeurs très proches, idéalement dans le cadre d’un temps de louange restreint. Et voyez ce qui se passe. Cela vous permettra de peut-être percevoir encore quelques petits défauts et de corriger les choses (encore un peu de serrre ?). Peut-être aussi que vous pourrez ainsi demander un avis, en particulier à des auditeurs n’ayant pas de connaissances musicales et pouvant faire office d’auditeurs “moyens”.
Si vous pensez que votre composition est enfin prête pour le grand bain, vous pourrez alors la publier avec confiance. Là encore, il sera plus facile de commencer par la jouer dans votre église parmi des gens que vous connaissez, avant d’eventuellement la publier au grand public (comme sur Internet ou dans un rassemblement par exemple). Et n’oubliez pas qu’il vous faudra au préalable déposer votre chant pour les questions de droits d’auteur. Si vous ne savez pas comment faire, je vous suggère cet article : Comment prouver que l’on est l’auteur d’une oeuvre ? . En complément je vous suggère aussi de consulter ce site sur la louange libre : http://louangelibre.adorateur.com qui vous renseignera sur les droits d’auteur et les licences de louange libre.
La vie du chant
la “part de Dieu” commence.
Publier un chant, c’est un peu comme laisser partir son enfant vivre sa vie quand il est arrivé à maturité. Vous allez vous rendre compte que vous aurez de mal à maîtriser ce qui va lui arriver. Va-t-il être écouté, joué, transmis de mains en mains, de partitions en partitions, d’églises en églises, de votre pays vers le monde, qui sait ? C’est normal. Votre part est en quelque sorte terminée et la “part de Dieu” commence. Celle où il utilise ce chant, qu’il vous a donné au départ, qu’il vous a permis d’attraper, qu’il vous a confié pour être sculpté avec soin. Je vous encourage alors à prier simplement pour que le Seigneur fasse selon son plaisir avec son oeuvre. Et ne croyez pas qu’il faille que le chant soit mondialement connu pour qu’il soit un succès. Peut-être ne touchera-t-il que quelques personnes dans un pays lointain, sans même que vous le sachiez. Mais le Seigneur, lui, voit.
Et qui sait peut-être comme certains hymnes composés il y a plusieurs siècles dans un maquis sous la persécution, ce chant traversera-t-il les époques et continuera à glorifier Dieu même après vous ?








Bravo Karel, très bel article, inspiré lui aussi !
Très bon en effet !
Merci Seigneur pour cet article. Je suis un compositeur de cantiques nouveaux.Depuis mon baptême, j’en reçois beaucoup. Beaucoup de questions sans réponses trouvent leurs réponses. Le travail de l’artisan, la serre , la vie du chant , ces articles m’aident beaucoup. Je suis entrain de reconnaître les chants nouveaux. On m’a demandé un soir d’assurer la louange et l’adoration : j’ai alors chanté 10 chants de mes compositions alors que les chrétiens présents ne connaissaient pas ces chants. J’ai tout de suite réalisé la prématurité de l’initiative. Au jour d’aujourd’hui, le Seigneur m’a beaucoup parlé sur la nécessité de préparer ces chants, de les peaufiner, de les structurer musicalement , de les travailler avant de les chanter en groupe ou dans les églises.Encore une fois merci pour cet article. Que Dieu vous bénisse !!!